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Critiques rédigées par Paul V.

 

Un jour au Royaume-Uni (Roland Théron)

note: 5Cours magistral sur le Royaume-Uni Paul V. - 11 novembre 2019

Reportage magnifique sur le Royaume-Uni actuel. La plupart des survols des territoires britanniques ou des reportages ont été faits par beau temps, ce qui donne une allure promotionnelle au produit. Beaucoup d'images aussi des communautés diverses, depuis les Caribéens de Londres jusqu'aux catholiques et protestants d'Irlande du Nord séparés les uns des autres par des murs. Comme ce DVD procure énormément d'informations sans que l'attention soit soutenue par une histoire dramatique, on gagnera à le visionner en plusieurs fois.

Sonia Delaunay (Jacques Damase)

note: 2Ses tableaux oui, sa mode vestimentaire non Paul V. - 10 novembre 2019

Les motifs créés par Sonia Delaunay pouvaient être harmonieux et décoratifs en tableau ou sur du tissu d'ameublement. Sur des vêtements féminins je les trouve lourds. Ils écrasent le mannequin ou la femme qui les portent au lieu de les mettre en valeur. On peut d'ailleurs prendre ce livre comme un outil de réflexion afin sur les motifs ou décorations qui peuvent convenir ou au contraire ne pas convenir pour un vêtement.

Will hunting (Gus Van Sant)

note: 3Histoire peu crédible mais assez bien jouée Paul V. - 9 novembre 2019

Un jeune homme qui aurait interrompu précocement ses études et qui résoudrait facilement des problèmes mathématiques conçus par un médaillé Fields sur lesquels ses étudiants sèchent... c'est un peu dur à avaler. A part ça, ce film reprend des figures déjà utilisées de la culture-sociologie américaine : histoire d'amour entre un blanc et une latino, bagarres de rue entre jeunes, comme dans West Side Story. Les innovations tiennent à l'introduction, dans la psychologie du jeune homme, d'un passé difficile de surdoué et à ce que la latino est riche.

Georges Seurat (Hajo Düchting)

note: 4Pas assez de technique picturale Paul V. - 4 novembre 2019

Ce livre enseigne que Seurat a développé une technique de peinture novatrice et personnelle (le néo-impressionnisme puis le pointillisme) à partir de ses lectures, notamment de livres plus ou moins théoriques sur la couleur.
Ce qui me gêne c'est qu'il n'y a pratiquement pas de développement sur sa pratique : comment faisait-il pour parvenir à ce pointillisme si minutieux, à faire ces points si minuscules et si nombreux ?

Mia madre (Nanni Moretti)

note: 2Poussif Paul V. - 30 octobre 2019

La mère de l'héroïne, censée mourante, se porte comme un charme. Au bout d'une demi-heure, je n'ai toujours pas vu l'ombre d'une intrigue ni où le réalisateur voulait en venir, de quoi il s'agissait... C'est le genre de situation qui me fait regretter d'avoir payé une place, au cinéma.

N'aie pas peur (Montxo Armendáriz)

note: 3L'inceste, un sujet sans doute protéiforme Paul V. - 29 octobre 2019

Il fallait aborder ce sujet au cinéma, et il y aura sans doute d'autres façons de le traiter dans cet art, notamment du fait que l'inceste peut prendre diverses formes. Pas mal de longueurs ; servent-elles à susciter l'imagination du spectateur et son identification à l’héroïne ? Le couple des parents semble improbable, et la mère inexistante. Je ne comprends pourquoi le seul moment où sa fille l'ait implorée de partir avec elle n'apparaît que par une évocation parlée tardive ; montrer la scène aurait eu un effet dramatique important. La résolution des problèmes de l'héroïne n'a rien de spectaculaire, contrairement à ce que certains psys disent du vécu de leurs patients. On ne la voit pas exprimer d' émotion très forte, mais c'est peut-être impossible à cette victime partagée entre l'amour et le dégoût pour son père incestueux, celui-ci n'ayant jamais commis de violence physique contre elle. Les seules violences psychologiques montrées, si l'on excepte les séductions physiques, sont des interdits, comme l'interdiction faite à la fille d'aller faire des études loin de ses parents.

20 Vingt ans d'art en France (Michel Gauthier)

note: 2Bric-à-brac Paul V. - 7 octobre 2019

300 pages de bric-à-brac abscons, dénommé "installations", dont pas une seule reproduction en page entière ou même en une demi-page, c'est dire si rien n'émerge.

drame de l'enfant doué (Le) (Alice Miller)

note: 5La psychologie par les sentiments et les émotions Paul V. - 16 septembre 2019

Ce livre a été écrit par une psy qui a cherché à s’émanciper de théories psy erronées sur certains points (comme le freudisme) ou autres, pour se fixer sur les émotions des patients de façon à leur faire retrouver les situations de leur enfance qui les ont perturbés et qu’ils ont refoulées. Il s’adresse aussi aux autres psys pour qu’ils prennent conscience des biais qu’ils introduisent parfois dans leur pratique, au détriment des patients. Alice Miller dit que l’on ne peut guérir des maux de son enfance qu’en revivant les émotions refoulées de cet âge en présence d’un psy, ou d'un "témoin lucide" mais pas en lisant des livres de psychologie ; ça me gêne. D’abord, le recours aux psys a toujours été élitiste en France puisqu'il n’était pas remboursé par la sécurité sociale. Ensuite, je crois que les bons livres de psychologie donnent des exemples vécus qui peuvent réveiller chez le lecteur des situations similaires enfouies et l'aider à se connaître ; évidemment c’est moins personnalisé et donc d’une réussite plus aléatoire. Un mauvais psy, par contre, cadenasse ses patients dans leurs problèmes. Alice Miller a par ailleurs évolué dans ses découvertes, il convient de savoir que celui-ci étant l'un de ses premiers elle avait changé ensuite certains des points de vue qu'elle y exprime.

Oeuvres complètes, 01 (Hector Berlioz)

note: 2Énergique, brillant et pompier Paul V. - 6 septembre 2019

Musique très énergique et assez pompière dans l'ensemble, qui convient bien aux thèmes des corsaires et des brigands. Leur structuration me laisse pantois : Berlioz va d'une rêverie à une "marche au supplice" en passant par un bal, sans que l'on voie la cohérence de l'ensemble de ces parties, qui peuvent être individuellement brillantes. Les morceaux avec monologue récités (Lélio) me sont insupportables.
Berlioz avait pour particularité de tuer au fusil les coqs dans les campagnes au motif qu'ils chantaient faux. Je comprends qu'il n'ait pas cherché à leur donner des leçons de chant, mais de là à les tuer...

Les Femmes qui lisent sont dangereuses (Laure Adler)

note: 3Un battage médiatique extraordinaire Paul V. - 30 août 2019

Les éditions Flammarion ont fait de ce livre un battage médiatique extraordinaire en le localisant dans chaque ville de France, grande ou moyenne, par le biais de grandes affiches mises en vitrine de librairies (Chez Garin à Chambéry) et en lui donnant pour titre "Les Grenobloises qui lisent sont dangereuses" à Grenoble, "les Chambériennes qui lisent sont dangereuses" à Chambéry, etc. Le but était clairement de capter l'attention des publics féminins locaux, et d'une façon trompeuse puisque ce livre n'a pas été écrit spécifiquement pour ce public local. Je ne sais pas si les femmes qui lisent sont plus dangereuses que les autres, mais il émane de la posture du personnage de la couverture une impression de femme hautaine et fermée, ce qui ne me paraît guère compatible avec la culture. Et si les lectrices ont acheté ce livre pour s'identifier à ce personnage, ça ne laisse rien présager de bon.

Négocier (Marc Mousli)

note: 5Pour cadre, dirigeant ou syndicaliste Paul V. - 28 août 2019

Centré essentiellement sur les négociations sociales en entreprise ou chez un autre type d'employeur. Peut être donc utile à la formation d'un cadre en place ou d'un futur cadre, ou d'un syndicaliste.

Que se passe-t-il en moi ? (Isabelle Filliozat)

note: 5Pragmatique, efficace Paul V. - 16 août 2019

Je trouve ce livre pratique parce qu'il vous incite très rapidement à vous impliquer, à tester son efficacité sur votre vécu, après que l'auteur a donné quelques petits exemples trouvés dans son expérience de psy. Par comparaison, j'ai lu La force des émotions, d'André et Lelord, qui me paraît moins pragmatique parce davantage descriptif et axé sur des personnages de romans ou de films, ce qui, si l'on n'aime pas ceux-ci, peut créer un obstacle à l'appropriation des concepts.
Le livre d'I. Filliozat peut être complété utilement par "Gérer ses émotions" de Fisher et Shapiro.

Gérer ses émotions (Roger Fisher)

note: 5Un complément utile à l'affirmation de soi Paul V. - 12 août 2019

Divers ouvrages existent sur la manière efficace de s’affirmer. Mais ils présentent en général l’affirmation de soi sur un instant limité et sur un sujet limité, souvent une émotion ou un sentiment ponctuels. L’ouvrage de Fisher et Shapiro, en s’intéressant à l’art de la négociation, dresse un tableau plus complet et probablement plus efficace pour l’affirmation de soi. C’est qu’il aborde l’intérêt de notre vis-à-vis autant que le nôtre, au travers d’un conflit, dans une optique de partenariat à établir, maintenir ou restaurer. Si l’on considère deux personnes qui s’affirment chacune contradictoirement, l’une face à l’autre, l’une contre l’autre, comment vont-elles sortir de ce conflit ? Il y a de nombreuses situations où, la rupture étant impossible, c’est soit la brutalité de la force, qu’elle soit physique, psychique ou juridique, soit la négociation, qui permettent d’y parvenir. Une négociation qui fait la synthèse des deux intérêts est évidemment préférable.

Étude des styles de mobilier (André Aussel)

note: 4Synthétique, clair, complet Paul V. - 5 juillet 2019

Ce livre donne les indications de base sur tous les styles de mobilier connus dans l'Histoire. Jusqu'à l'époque contemporaine, les emprunts au passé étaient nombreux. De nos jours, les designers s'affranchissent souvent de ces références. Ce qui n'est pas précisé c'est qu'ils peuvent le faire parce qu'ils se réfèrent souvent à l'ergonomie en tant que science qui permet de répondre aux besoins, notamment physiologiques, des individus. C'est d'ailleurs l'une des origines du design en tant que mouvement de création qui intègre l'esthétique et les aspects fonctionnels de la création.

Oeuvre non trouvée

note: 4Les règles d'une culture de la fiabilité Paul V. - 4 mai 2019

Ce livre est une évolution du premier livre de 2002 de cet auteur paru sous le titre "Les décisions absurdes". On trouve quelques ajouts de faits dans cette édition, ainsi qu’un changement d’approche indiqué par le sous-titre. Toutefois, le fond reste le même et je regrette qu’il y ait également pas mal de redites dans cet ouvrage, notamment entre la première partie, où des cas de décisions absurdes sont précisés, et la seconde, où les règles (que l'auteur appelle "métarègles", ce qui me semble inutilement compliqué, d'autant que méta- peut avoir plusieurs sens) de la fiabilité sont énoncées. Le message essentiel de l’auteur est qu’une culture de la fiabilité est nécessaire, qui est encore inconnue ou non mise en pratique dans de nombreux domaines, même chez des professionnels très diplômés et de rang élevé. Un cas nous intéresse particulièrement en Savoie, celui du ski hors-piste. L’auteur montre comment l’application d’un ensemble de règles de fiabilité appropriées aux décisions à prendre au cours d’une randonnée à ski, inventées en Suisse, peut réduire substantiellement le nombre de tués par avalanches, comme cela a été prouvé chez les Helvètes.

Oeuvre non trouvée

note: 3Intéressant mais fastidieux Paul V. - 18 avril 2019

La méthode de l'auteur est fastidieuse. Il expose d'abord un nombre assez petit de cas divers de décisions absurdes ou mauvaises qui n'ont rien à voir entre elles. Leur exposé comprend pas mal de détails, il faut s'accrocher pour venir à bout de cette partie. Ensuite, l'auteur revient souvent sur chacune de ces décisions pour en analyser un point et appliquer ce qu'il en déduit à tous les cas, puis il fait de même sur un autre point d'analyse, etc., cherchant à définir une théorie générale de la décision absurde. C'est fastidieux ! Il aurait pu analyser complètement chaque cas et synthétiser ensuite par sa théorie générale, on aurait vécu chaque cas comme une histoire complète au lieu de découvrir son analyse saucissonnée. A une exception près, les cas exposés concernent des organisations, et l'on se surprend à se demander si l'on a connu des cas pareils. Je me suis également demandé si c'était applicable à la vie de tous les jours, la vie familiale par exemple. Dans la vie privée, il y a moins de formalisme que dans les organisations, et donc on risque d'y prendre plus de décisions absurdes que dans ces dernières.

Folie cachée : survivre auprès d'une personne invivable (La) (Saverio Tomasella)

note: 4Bons titre et sous-titre Paul V. - 17 avril 2019

Le titre et le sous-titre me paraissent pertinent et susceptibles d'attirer les lecteurs concernés. C'est le genre de livre à offrir aux personnes dont on sait qu'elles sont dans une telle situation, parce qu'elles peuvent le nier, même intérieurement. Il est en effet difficile parfois d'admettre cette situation, le fou, la folle pouvant exercer une emprise sur son conjoint ou son enfant ou son collègue, et la morale familiale, religieuse ou professionnelle pouvant faire pression pour étouffer la vérité des relations. La lecture de ce genre d'ouvrage me semble souvent le seul moyen de prévention de ce genre difficultés, le fou, la folle présentant souvent un double visage, normal à l'extérieur et délirant dans l'intimité.

Ta vie sauvée enfin (Alice Miller)

note: 3Florilège de textes de l'auteure Paul V. - 28 mars 2019

Ce livre rassemble divers écrits ou interviews de l’auteure, dans lesquels elle développe sa thèse selon laquelle les violences des adultes trouvent leurs racines dans les abus commis contre eux dans leur enfance par leurs parents. On y trouve des répétitions à l’occasion de divers questionnements venus de l’extérieur. Alice Miller n’est cependant pas pour la confrontation aux parents, contrairement à Susan Forward « (Parents toxiques »), soutenant que cela ne sert à rien et ne peut qu’être pénible pour celui qui la tente, voire apporter une nouvelle déception. Elle ne trouve pas que la « pensée positive » ou la "méditation" peuvent résoudre le problème de l’abus commis sur l’enfant. Elle soutient que le corps n’oublie rien, donc que c’est à travers les souvenirs du corps que l’on peut redécouvrir le problème et le traiter en débouchant sur l'expression des sentiments vrais que l’on aurait dû pouvoir exprimer au moment des faits et qui ont été étouffés par la peur qu’on avait de l’abuseur. Le titre me paraît optimiste et vendeur. Découvrir une vérité sur notre passé peut être éclairant et nous en permettre une lecture déculpabilisante, mais si l’on a été maintenu dans l’erreur pendant des décennies, les mauvaises habitudes acquises ainsi peuvent-elles changer en un instant ?

L'enfant et ses meurtriers (Pierre Kammerer)

note: 5Dur mais bon Paul V. - 9 janvier 2019

Ce livre nous livre des sortes de contes de fée, pleins d'horreurs et de joies, comme dans les contes de fée, sauf qu'il s'agit de cas réels issus de psychanalyses réelles. C'est aussi une présentation de la pratique psychanalytique.

La Violence féminine (Liliane Daligand)

note: 4Passionnant et édifiant Paul V. - 22 novembre 2018

Cela concerne essentiellement les violences familiales, crimes familiaux, notamment les meurtres d’époux, d’enfants ou de pères, ou les agressions et viols d’adolescentes. Les violences à l’école et au travail ne sont pratiquement pas évoquées.
C’est effrayant comme un conte pour adultes.
Les exemples exposés peuvent nous permettre de trouver des traces de sens dans certains événements de notre passé. Car si nous ne passons pas tous par les extrêmes évoqués ci-dessus, il est sans doute rare qu’à un moment ou à un autre de notre vie nous n’ayons pas subi ou fait subir ou vu l’une de nos connaissances subir une forme de violence qui n’avait pas alors été dénoncée comme telle.
L’auteure s’attache à décrire notamment les violences féminines qui ont eu une suite judiciaire. Elle s’applique à cerner les causes psychanalytiques de ces violences, notamment par l’enfance des auteures.

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